Burkina Faso : La prise en charge de l’insuffisance rénale


Au Burkina Faso, la prise en charge de l'insuffisance rénale demeure une préoccupation majeure dans les centres de santé. Alors que le nombre de patients s'est accru ces dernières années, se pose acuité leur accès effectif aux séances de dialyse. En 2018, seuls les patients du CHU de Tengandogo avaient accès au nombre minimal requis de 3 dialyses par semaine. Même si la situation s'est depuis améliorée dans certains centres de santé, les difficultés demeurent.

Alors que le nombre des malades d’insuffisance rénales’accroit, nous avons rencontrés monsieur Kéré et monsieur Kondombo, tous deux souffrants de l’insuffisance rénale, ainsi que Dr Bibiena néphrologue au CHU Bogodogo pour savoir s’effectue la prise en charge des malades d’insuffisance rénaledans les centres de santé du Burkina Faso. 

Prise en charge selon les patients

Monsieur Kéré souffre de l'insuffisance rénale depuis trois ans. C'est suite à une crise d'hypertension où il saignait du nez, qu'il s'est révélé que la tension était élevée et après des examens approfondis les médecins ont diagnostiqué une insuffisance rénale. Selon lui, « Personnellement, je suis le traitement au Centre Hospitalier Universitaire de Bogodogo. Il n'y a pas de coût à proprement parler, mais c'est un coût forfaitaire, qui est payé dans le traitement de l'insuffisance rénale chronique. Comme le traitement est à vie, il est proposé aux patients de payer un coût forfaitaire de 500.000 et l'Etat Burkinabè couvre les frais annexes. Quand nous allons pour le traitement, que ce soit avant, pendant ou après la dialyse, nous n'avons pas trop à nous plaindre. Les médecins ont vraiment de l'empathie pour nous. De façon technique, quand on arrive pour la dialyse, on fait la prise de tension et de température pour savoir si le patient est en conditions physiques optimales pour supporter la dialyse du jour. Ensuite l'on peut procéder au branchement du patient. Il faut aussi dire que la durée normale d'une dialyse c'est 04 heures. A la fin du branchement, il y a un pansement qui est fait puis le patient peut rentrer chez lui.Nous bénéficions de deux séances de dialyse par semaine.  Il faut préciser qu'au début de la maladie, après le diagnostic fatidique des médecins, il est recommandé aux patients de s'armer de courage et de finances pour faire la dialyse en clinique. Et là, cela se fait trois fois par semaine comme recommandé dans les normes internationales. « Il y a une ou deux années, il y avait qu'une seule clinique privée qui le faisait au Burkina, précisément à Ouagadougou. La clinique s'appelle Baume De Galaad et est située à Kossodo derrière l'usine de la Brakina. Après une période qui peut aller d’un à trois mois voire plus ». Lorsqu'une place se libère dans un hôpital public, l'on appelle les patients par ordre d'inscription sur les listes d'attente, afin qu'ils viennent s'acquitter du coût de forfait qui est de 500.000 francs CFA comme cité plus haut. D'un côté c'est une joie pour un patient qui a commencé les soins en clinique, de savoir qu'une place s'est libérée dans un hôpital public, puisque le coût en clinique privée était de 96000. 

Au côté de monsieur Kéré, monsieur Kodombo a déclaré : « Ma maladie a commencée en mai 2021.Au début, il faut commencer les séances de dialyse dans le privé (pour ceux qui en ont les moyens) en attendant qu’une place se libère dans le public. Une place se libère dans deux principaux cas : quandun patient fortuné fait une greffe, ou quand un patient décède.Je suis le traitement au CHU BOGODOGODans le privé la séance fait environ 90.000f sans compter les accessoires, contre 2.500f dans le public (nouvelle tarification). Les médecins sont disponibles et prêts à intervenir en urgence. Nous avons droit à deux séances de dialyse par semaine.  Les capacités de nos formations sanitaires ne nous permettent pas de bénéficier des trois séances par semaine ».

 

Docteur Bikienga fait part des difficultés sur la prise en charge des dialysés 

Selon docteur Bikienga Samiratou, médecin néphrologue au CHU de Bogodogo, les difficultés rencontrées dans la prise en charge des malades d’insuffisance rénales sont multiples.  « Nous avons la difficulté qui découle du fait que les séancesde dialyses qui devraient être au nombre de trois par semaine sont réduit à deux par semaine. Ce qui a pour conséquence de diminuer la qualité de vie du patient.   Autre difficulté est le manque de place. Nous avons plus de patient qui nécessite la dialyse que nous n’avons de place. A chaque fois nous sommes obligés d’expliquer aux patients que nous ne pouvons malheureusement pas les prendre avant un certain délai Parce que nous n'avons pas de place. Autre difficulté est que certains médicaments sont souvent en rupture ou pas suffisants. Lepatient a également besoin de certains médicaments comme par exemple les lipopolitique qui est un médicament qui aide à la fabrication des globules rouges. Alors qu’il y a des personnes qui nécessitent de les prendre deux fois dans la semaine et malheureusement nous pouvons leur donner une fois ».

Les solutions proposées

Selon docteur Bikienga, le CHU Bogodogo est accompagnépar l'État dans le domaine de la dialyse. Elle déclare : « si nous avons des propositions à faire déjà pour pallier aux nombres de place ce serait d'instaurer et de développer les autres et moyens de suppléance rénales ». Il y a également d'autres façons et « il y a la dialyse péritonéale qui est une méthode de suppléance nale qui va utiliser le péritoine qui est une membrane qui englobe tous les vicaires dans le ventre et c'est au travers de cette membrane on va pouvoir faire la dialyse et la dialyse péritonéale elle se fait à l'aide d'unemachine qui s'appelle le cycler et également à l'aide de solutions ». Les séances de dialyses doivent être de deux ou trois par semaine sans contraignants et pour un enfant un âge scolaire c'est très difficile de concilier l’hémodialyse et le de la scolarité. Alors la dialyse péritonéale pourrait être la solutionchez ses enfants « parce qu'elle va permettre de les prendre en charge et de garder une scolarité normale ». Comme autre solution, docteur Bikienga propose la transplantation rénalequi selon elle consiste à prendre un rein chez une autre personne vivante ou une personne décédée et de le mettre chez un patient qui a une maladie rénale terminale. 

Docteur Bikienga a sans tarder rappeler que la transplantation rénale est traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique terminale et a montré que l’on peut vivre avec un seul rein sans problème. Mais cela nécessite des consultations régulières chez un médecin néphrologue. 

 

Rachidatou Démé

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